Hausse du prix du pétrole malgré les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis

06/02/2026
AFP

Les cours du pétrole remontent vendredi, le marché se montrant prudent malgré le début des pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis à Oman pour apaiser les tensions.

Vers 10H05 GMT (11H05 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en avril, prenait 1,17% à 68,34 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mars, gagnait 1,25% à 64,08 dollars.

Les discussions doivent porter sur le programme nucléaire de l'Iran. Les Etats-Unis ont indiqué vouloir également aborder le soutien de Téhéran à divers groupes armés unis par leur hostilité à Israël dans la région, et son programme de missiles balistiques.

Mais l'Iran est "prêt à défendre la souveraineté et la sécurité nationale du pays contre toute exigence excessive ou toute tentative d'aventurisme" des Etats-Unis, a averti le ministre des Affaires étrangères iranien.

Cela laisse présager "qu'il n'y aura pas de résolution rapide", estime Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB.

Pendant ce temps là "les navires de guerre américains sont toujours présents au coeur de cette zone sensible pour l'approvisionnement mondial en pétrole", souligne l'analyste.

En plus d'être un des dix principaux producteurs de pétrole au monde, l'Iran est riverain du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% de la production mondiale.

Par conséquent, le risque d'une escalade militaire dans cette région fait gonfler les prix de l'or noir.

"La promesse de prix du pétrole bas" faite par Donald Trump pourrait néanmoins être un frein à une intervention américaine, surtout avant des élections de mi-mandat fin 2026 aux Etats-Unis, selon M. Schieldrop.

Le marché reste également attentif aux négociations pour une résolution du conflit en Ukraine. Le Kremlin a estimé vendredi que les discussions entre Moscou et Kiev, qui ont eu lieu à Abou Dhabi en présence des Américains, ont été "très complexes", mais "constructives".

Les analystes rappellent que sans le risque géopolitique, la tendance serait plutôt baissière avec une offre jugée trop abondante par rapport à la demande.

"Auparavant, le pétrole saoudien était vendu à un prix supérieur à celui de la référence régionale, mais cette prime a désormais été complètement supprimée. Cela est perçu comme un signe d'affaiblissement de la demande", note Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.