Le Brent sous 80 dollars, les perspectives économiques moroses pèsent sur le pétrole

08/11/2023
AFP

Les prix du pétrole creusaient leurs pertes mercredi, le Brent glissant sous 80 dollars le baril pour la première fois depuis juillet, les perspectives économiques moroses en Chine et en Europe attisant les craintes pour la demande mondiale.

Vers 16H10 GMT (17H10 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier perdait 2,11% à 79,90 dollars, peu après avoir touché 79,80 dollars, un plus bas depuis le mois de juillet.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en décembre, baissait de 2,21% à 75,66 dollars, après avoir atteint 75,44 dollars, également un plus bas depuis juillet.

"Les prix du pétrole ont atteint (...) leur niveau le plus bas depuis le mois de juillet, la faiblesse des prévisions économiques continuant à peser" sur la demande mondiale, commente Craig Erlam, analyste chez Oanda.

La forte baisse des cours "s'explique principalement par les inquiétudes concernant les perspectives de la demande mondiale en raison de la faiblesse des données en provenance de la Chine et d'autres économies", explique de son côté Stephen Innes, analyste de SPI AM.

La chute des exportations chinoises s'est accélérée en octobre, avec un recul de 6,4% sur un an, selon des chiffres publiés par les douanes du pays mardi, un chiffre qui n'incite pas à l'optimisme pour la croissance du pays.

Or, les exportations sont historiquement un levier de croissance clé pour la deuxième puissance économique mondiale. Et la croissance du premier pays importateur de brut au monde est scrutée par les investisseurs pétroliers.

En parallèle, "les inquiétudes concernant une détérioration de la demande dans les économies occidentales ont été aggravées par les données allemandes", poursuit M. Innes.

La production industrielle en Allemagne a en effet baissé plus que prévu en septembre, plombée par l'automobile, illustrant les difficultés de la première économie européenne au ralenti. Sur un an, la production industrielle recule de 3,7%.

"L'accent est clairement mis sur la faiblesse de la demande plutôt que sur l'insuffisance de l'offre", soutient Craig Erlam, "et l'insistance des (principales) banques centrales à maintenir les taux à un niveau élevé pourrait encore aggraver la situation" en pesant sur la croissance.

Les perspectives économiques moroses "semblent avoir éliminé la prime de risque du conflit au Moyen-Orient", notent les analystes d'Energi Danmark, qui prévoient que les prix pourraient poursuivre leur baisse "à moins que les tensions (...) ne s'intensifient" dans la guerre entre Israël et le Hamas.

"Les inquiétudes concernant la demande mondiale (...) l'ont emporté sur l'impact des réductions de l'offre", souligne aussi John Plassard, analyste de Mirabaud, rappelant que dimanche, l'Arabie saoudite et la Russie avaient réaffirmé leur engagement à procéder à des réductions volontaires supplémentaires de l'offre de pétrole jusqu'à la fin de l'année.