Le marché du pétrole très hésitant à cause du Groenland
Les cours du pétrole hésitent, les tensions commerciales entre les Etats-Unis et l'Europe issues de la volonté de Donald Trump de s'emparer du Groenland étant défavorables à l'activité économique, tandis que le risque géopolitique grandissant est un facteur de hausse des prix.
Le président américain insiste pour prendre le contrôle du Groenland, invoquant des motifs de sécurité face aux Russes et aux Chinois. Il a menacé de surtaxes douanières les pays qui s'y opposeraient, dont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni.
Le "Groenland n'a aucune importance directe pour le marché pétrolier", souligne Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management, car le territoire ne produit pas de pétrole et en consomme dans des quantités négligeables à l'échelle internationale.
Mais "l'agression du Groenland par les États-Unis reflète à quel point la géopolitique est devenue imprévisible", estime l'analyste.
Selon lui, le risque géopolitique serait une des raisons pour laquelle les prix du pétrole restent pratiquement inchangés malgré la chute des marchés boursiers, une tendance qui est généralement défavorable à la demande de brut.
Vers 10H45 GMT (11H45 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, prenait 0,44% à 64,22 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, dont c'est le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, gagnait 0,44% à 59,60 dollars.
Les cours du pétrole restent également soutenus par des difficultés de production au Kazakhstan, qui "a connu plusieurs perturbations", selon les analystes d'ING.
L'entreprise "Tengizchevroil a temporairement interrompu la production dans ses champs de Tengiz et Korolev après que deux incendies se sont déclarés dans des générateurs électriques", précisent-ils, notant que le producteur a sorti environ 890.000 barils par jour de ces champs au cours des trois premiers trimestres de 2025.
De plus, les exportations du pays via le terminal Caspian Pipeline Consortium (CPC), dont la partie russe a subi des attaques de drones ukrainiens, continuent d'être impactées.
Si "les stocks mondiaux de pétrole devraient encore augmenter cette année", selon Tamas Varga, analyste chez PVM, ces perturbations et incertitudes expliquent qu'"aucune conviction indéniable ne se dégage" sur le marché pétrolier.