Le pétrole accentue ses pertes avant la Fed

12/06/2023
AFP

Les prix du pétrole dévissaient lundi à l'approche de la décision de politique monétaire de la Fed, les investisseurs craignant qu'une éventuelle hausse de taux d'intérêt pèse sur l'activité économique et donc la demande de brut.

Vers 15H40 GMT (17H40 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, chutait de 2,79% à 72,70 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en juillet, abandonnait 3,19% à 67,93 dollars, peu après avoir dévissé de près de 5%.

"Les investisseurs se (préparent) à la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale ce mercredi", commente Ricardo Evangelista, analyste chez ActivTrades.

La Réserve fédérale américaine (Fed) se réunit mardi et mercredi pour décider d'une éventuelle nouvelle hausse de taux d'intérêt.

"Les analystes s'accordent à dire que la banque centrale maintiendra ses taux" pour la première fois depuis mars 2022, explique M. Evangelista, "mais les observateurs se concentreront sur le ton employé lors de l'annonce".

"Si la Fed laisse entrevoir de nouvelles hausses de taux plus tard dans l'année, comme beaucoup le prévoient, le prix du baril pourrait encore baisser", poursuit-il.

Une hausse des taux de la Fed pour juguler l'inflation signifie habituellement un soutien au dollar.

Or, les cours de l'or noir étant libellés en billet vert, une appréciation de la devise américaine fait baisser le pouvoir d'achat des investisseurs en pétrole utilisant d'autres devises, et ravive également les craintes quant à la demande, pouvant conduire à un ralentissement économique.

En parallèle, les investisseurs ne semblent "pas du tout" croire à un resserrement du marché imminent, souligne Bjarne Schieldrop, de Seb.

De nombreuses estimations d'analystes et de cabinets prévoient pourtant un déficit de brut de 2 à 3 millions de barils par jour d'or noir dès la seconde partie de l'année.

Pour M. Schieldrop, "il faut que le déficit prévu se concrétise et que les stocks soient fortement réduits avant que le marché y croie".

La "profonde inquiétude pour l'économie mondiale en raison de la hausse exceptionnelle des taux d'intérêt aux Etats-Unis au cours de l'année écoulée" occupe pour le moment le devant de la scène, selon l'analyste.

Et ce, malgré les coupes volontaires d'un million de barils par jour en juillet annoncées la semaine dernière par l'Arabie saoudite à l'issue d'une réunion à Vienne de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés (Opep+).

"Si l'intention de l'Arabie saoudite était d'aider à faire monter les prix du pétrole", les récents prix "suggèrent qu'elle a échoué dans cet objectif", soulignent les analystes de DNB.

Au lendemain de l'annonce, les cours des deux références mondiales de l'or noir avaient grimpé dans un premier temps jusqu'à un sommet depuis un mois, avant de chuter de près de 9% pour le Brent et 11% pour le WTI en seulement une semaine.