Le pétrole avance face aux tensions persistantes au Moyen-Orient
Washington (awp/afp) - Les cours du pétrole ont terminé en hausse lundi, soutenus par la fermeture temporaire d'un oléoduc clé en Arabie saoudite après des frappes, une progression toutefois atténuée par des commentaires de Donald Trump.
Après avoir dépassé les 109 dollars en séance, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, a finalement terminé à 105,68 dollars (+1,02%).
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en octobre, a gagné 1,34% à 101,39 dollars.
Après des attaques attribuées à des drones venant d'Irak, les autorités saoudiennes ont annoncé vendredi la fermeture temporaire de l'oléoduc Est-Ouest, voie d'exportation de brut cruciale pour contourner le verrouillage du détroit d'Ormuz.
"L'oléoduc saoudien peut transporter environ 7 millions de barils par jour depuis l'est de l'Arabie saoudite jusqu'à Yanbu, sur la mer Rouge, et constitue donc le plus important itinéraire de contournement du détroit d'Ormuz", explique Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
"Il a joué un rôle essentiel dans l'atténuation de la grave perturbation de l'approvisionnement en pétrole provoquée par la guerre en Iran, sa fermeture constitue donc une préoccupation majeure", ajoute David Morrison, du courtier Trade Nation.
Autre élément haussier pour les prix de l'or noir: l'Arabie saoudite a demandé le report d'une rencontre avec l'Iran, censée réunir lundi à Oman les pays du Golfe, selon la diplomatie iranienne.
Cette réunion devait porter sur l'avenir du détroit d'Ormuz.
Les cours ont toutefois freiné leur progression en séance après plusieurs déclarations du président américain sur son réseau Truth Social.
Donald Trump a notamment indiqué que l'Iran souhaitait "trouver un accord rapidement et désespérément".
"Cela a semblé calmer un peu la situation sur le marché et retirer une partie de la prime de risque excessive intégrée dans les prix", commente auprès de l'AFP John Kilduff, d'Again Capital.
Donald Trump a aussi affirmé que l'Ukraine et la Russie s'étaient engagées à ne plus frapper les infrastructures énergétiques adverses, un jour après s'en être pris à Kiev pour ses attaques contre des raffineries de pétrole russes.
"La hausse du prix du diesel dans le monde est principalement causée par la guerre entre la Russie et l'Ukraine, et non par l'Iran", a-t-il ajouté malgré le fait que le conflit au Moyen-Orient se traduit aussi par une hausse des prix à la pompe.
Le dollar avance, emporté par la nouvelle flambée des prix du pétrole.
Londres (awp/afp) - Le dollar montait lundi, surfant sur son double statut de valeur refuge et de devise dans laquelle se négocie le pétrole dont les cours s'envolent. Un mouvement qui conforte aussi les prévisions du marché d'une hausse des taux d'intérêts américains imminente.
Vers 11h15, le billet vert gagnait 0,54% face à la monnaie unique européenne, à 1,1536 dollar pour un euro, et 0,62% face à la devise japonaise, à 154,57 yens pour un dollar. "Les prix du pétrole en hausse et la demande de valeurs refuges soutiennent le billet vert", résume Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, a grimpé lundi à plus de 108 dollars, en raison notamment de la fermeture temporaire d'un oléoduc essentiel en Arabie saoudite et du report d'une réunion des pays du Golfe et de l'Iran sur le détroit d'Ormuz.
Cette récente hausse des prix de l'énergie ajoute aux inquiétudes sur l'inflation, qui permettent à la Federal Reserve de conserver un ton agressif sur sa politique monétaire, note par ailleurs Francesco Pesole, analyste chez ING.
Les derniers indicateurs de hausse des prix se sont affichés la semaine dernière à des niveaux toujours élevés en août aux Etats-Unis, voire en nette accélération côté producteurs.
Le marché est donc convaincu que la banque centrale américaine relèvera ses taux d'un quart de point de pourcentage mercredi à l'issue de sa réunion de deux jours, pour les porter entre 3,75% et 4%.
Or des taux d'intérêts élevés rendent le billet vert plus intéressant à détenir pour les cambistes, ce qui plombe en contrepartie l'or, autre valeur refuge, qui tombait de 1,10% à 4,300,93 dollars l'once.
La Federal Reserve devrait ainsi résister à la pression du président Donald Trump qui lui a de nouveau enjoint de baisser ses taux. Il a par ailleurs promis 5000 dollars à chaque Américain en cas de victoire des Républicains aux élections législatives de novembre.
"Les marchés demeurent sceptiques quant à cette proposition, à la fois en raison des obstacles législatifs et parce que les démocrates conservent une avance confortable dans les sondages", tempère M. Pesole.
Mais cette promesse peut signaler une volonté de recourir à des mesures budgétaires avant le scrutin, réveillant les préoccupations concernant la soutenabilité de la dette, susceptibles de lester le dollar, ajoute-t-il.
Les analystes s'attendent aussi à ce que la Bank of England laisse son taux directeur inchangé jeudi, à 3,75%, et que la Bank of Japan (BoJ) remonte le sien d'un quart de point vendredi, à 1,25%.