Le pétrole bondit après les stocks américains

28/06/2023
AFP

Les prix du pétrole ont fortement rebondi mercredi après une réduction massive des stocks de brut américains traduisant de vives exportations et une demande d'essence soutenue.

Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, a gagné 2,44% à 74,03 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison le même mois, a grimpé de 2,74% à 69,56 dollars.

Les réserves commerciales de brut des Etats-Unis ont fondu de 9,6 millions de barils, selon les chiffres publiés mercredi par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA). C'est bien plus que ce qu'escomptaient les analystes qui misaient sur une diminution moyenne de 1,5 million de barils.

Le gouvernement américain a, en outre, encore puisé 1,4 million de barils dans les réserves stratégiques de pétrole (SPR), qui s'élèvent à 348,6 millions de barils.

"Entre le déclin des stocks commerciaux et celui des réserves stratégiques, ce sont 11 millions de barils qui ont été utilisés, associés à une très bonne demande d'essence ces dernières deux semaines, ce qui aide les cours à la hausse", a commenté pour l'AFP Andy Lipow, analyste de Lipow Oil Associates.

La demande d'essence s'est élevée à plus de 9,3 millions de barils par jour ces deux dernières semaines, "ce qui est un très bon chiffre pour le début de la saison des déplacements en voiture" aux Etats-Unis, premier consommateur de pétrole.

La saison des déplacements commence avec le long week-end de la fête nationale du 4 juillet, a noté Andy Lipow.

La réduction globale des stocks de brut s'explique également par une belle hausse des exportations de brut (+795.000 barils par jour, b/j).

A 5,3 millions de b/j exportés, "on s'approche du record", a encore souligné M. Lipow.

Depuis mai, les cours de l'or noir sont contenus, freinés par le manque d'appétit pour le risque des investisseurs, alors que les banques centrales à travers le monde relèvent leurs taux pour comprimer l'inflation.

"Des inquiétudes sur les hausses des taux, mais des réserves qui reculent. Cette dernière information ainsi que les actions de l'Opep", qui limite sa production pour requinquer les prix, "pourrait créer un plancher pour les prix", a estimé Neil Wilson, analyste chez Finalto.

L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial, a annoncé début juin baisser encore plus sa production pour rééquilibrer le marché, une action qui avait dans un premier temps fait grimper les cours mais dont l'effet haussier s'est complètement évaporé depuis.