Le pétrole en petite hausse, les échanges de frappes au Moyen-Orient inquiètent.
Washington (awp/afp) - Les cours du pétrole ont terminé en progression mercredi, encore secoués par la reprise des hostilités au Moyen-Orient et l'absence de signe d'apaisement, Donald Trump se disant prêt à frapper à nouveau l'Iran "à tout moment".
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, a pris 1,04% à 95,63 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, a gagné 0,63% à 91,01 dollars.
La remontée des cours "est intervenue avec la reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran ce week-end, après une accalmie d'un mois. Depuis lors, de nombreuses attaques de représailles se sont succédé", note David Morisson, analyste de Trade Nation.
Donald Trump s'est dit prêt mercredi à frapper à nouveau l'Iran "à tout moment", au lendemain d'une attaque contre des installations iraniennes qu'il a décrite comme "très violente".
Les bombardements ont fait au total 19 morts, dont sept membres des forces armés mais aussi des civils, l'un des bilans les plus élevés depuis plusieurs mois.
En représailles, les forces armées iraniennes ont revendiqué des frappes tous azimuts contre des alliés des Etats-Unis dans la région - Jordanie, Koweït, Bahreïn, Irak mais aussi Emirats arabes unis.
L'attention des investisseurs reste concentré sur le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique que le président américain a proposé de renommer "détroit Trump".
Selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle Chine Nouvelle, le président chinois Xi Jinping a déclaré que Pékin est prêt à aider les pays du Moyen-Orient à "assurer la sécurité" de la navigation dans la région.
Cela a permis de quelque peu tempérer les tensions sur le marché pétrolier, qui reste par ailleurs dans le flou sur le volume réel d'hydrocarbures exportés depuis le Golfe.
Le ministre américain de l'Energie, Chris Wright, a affirmé au média américain CNBC que plus de 17 millions de barils de pétrole avaient transité par Ormuz lundi, un chiffre proche de ce qui passait avant la guerre.
Les spécialistes estiment, eux, que la moyenne quotidienne sur les dernières semaines reste inférieure à 10 millions de barils.
Le cours du gaz européen reste aussi en hausse. Vers 19H15 GMT, le contrat à terme du TTF néerlandais, la référence pour l'Europe, prenait 1,79% à 73,51 euros le mégawattheure, après s'être affiché à 75,33 euros, son plus haut depuis janvier 2023.
L'euro recule légèrement face au dollar malgré un niveau historiquement élevé.
L'euro a poursuivi son léger repli face au dollar ce mercredi 2 septembre, le taux de change de référence de la Banque centrale européenne s'établissant à 1,1578 dollar pour un euro, contre 1,1590 la veille. Malgré ce recul limité, la monnaie unique reste à un niveau élevé par rapport aux années précédentes, l'EUR/USD évoluant depuis plusieurs mois dans une zone comprise entre 1,14 et 1,19.
Le mouvement observé ces derniers jours traduit avant tout un regain de soutien au billet vert. Les investisseurs restent attentifs à l'évolution de la politique monétaire américaine et aux indicateurs économiques publiés aux États-Unis. Dans ce contexte, le dollar conserve son statut de valeur refuge, ce qui limite le potentiel d'appréciation de l'euro. Les données de la BCE montrent ainsi un recul progressif de l'EUR/USD depuis les sommets observés fin août, où la parité avait brièvement dépassé 1,16 et approché 1,17.
Sur un an, la devise européenne demeure toutefois solide. Le cours moyen de l'EUR/USD est resté supérieur à 1,16 sur les douze derniers mois, avec un point haut observé à près de 1,20 début 2026. Cette résistance de l'euro reflète notamment l'amélioration de certains indicateurs économiques européens ainsi que la réduction progressive de l'écart de politique monétaire entre la BCE et la Réserve fédérale américaine.
À court terme, l'évolution de l'EUR/USD dépendra principalement des prochaines statistiques économiques américaines et européennes, ainsi que des indications fournies par les banques centrales sur leur trajectoire de taux d'intérêt. Les marchés semblent pour l'instant privilégier un scénario de stabilisation autour des niveaux actuels, sans tendance forte dans un sens ou dans l'autre.