Le pétrole hésite, entre flou sur le détroit d'Ormuz et attaques en Russie.
Washington (awp/afp) - Les cours du pétrole ont légèrement reculé mercredi, le marché optant pour la prudence en attendant de connaître l'issue des négociations pour un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz, tout en surveillant les dernières attaques entre l'Ukraine et la Russie.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre, a perdu 0,84% à 87,84 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, a reculé de 0,16% à 82,23 dollars.
Dans la continuité du mouvement de la veille, les cours avaient pourtant débuté la séance en net repli.
Mais "il y a tellement d'interprétations différentes de la situation au Moyen-Orient" que cela peut changer rapidement l'orientation des prix, relève auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.
L'Iran et Oman, les deux pays riverains du détroit, discutent d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" et prévoyant une opération de déminage, ont-ils indiqué mardi dans un communiqué commun.
"Mais cette hypothèse va inclure un droit de péage, et ça, cela ne va plaire à personne", note M. Kilduff.
Selon les Gardiens de la Révolution iraniens, impliqués dans ces pourparlers, "certains accords" ont été conclus avec Oman "concernant la part de chaque pays dans les eaux du détroit" et "dans ses revenus".
Mais, ont-ils accusé mercredi, les Etats-Unis - qui rejettent toute imposition de péage pour le passage du détroit - "entravent les travaux" visant à finaliser un accord.
Les sanctions annoncées en début de semaine par Washington dans le but de faire plier l'Iran ont en tous cas "été moins précises que prévu" ce qui pourrait être le "signe que les Etats-Unis espèrent toujours une solution", juge Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management.
En parallèle, "l'Ukraine continue sur sa lancée de viser les raffineries russes" ce qui constitue un élément haussier pour les prix, note M. Kilduff.
Selon des médias ukrainiens, une attaque sur l'une des plus importantes raffineries de Russie, qui appartient au groupe Lukoil, a provoqué un incendie mercredi.
Le dollar gagne du terrain après l'inflation américaine.
Washington (awp/afp) - Le dollar s'affiche en hausse mercredi, sous l'effet d'une inflation plus élevée qu'anticipé pour le mois de juillet aux Etats-Unis, la monnaie jouant également son rôle de valeur refuge face aux incertitudes géopolitiques.
Vers 17h50 GMT, le billet vert gagnait 0,19% face à la monnaie unique européenne, à 1,1652 dollar pour un euro, et progressait de 0,41% face à la devise britannique, à 1,3593 pour une livre.
L'indice PCE a stagné à 3,7% sur un an en juillet aux Etats-Unis, selon des données officielles publiées mercredi, là où les investisseurs s'attendaient à un léger ralentissement autour de 3,6%, selon les consensus réunis par Marketwatch et Trading Economics.
"Les chiffres n'empirent pas, mais ils ne se sont pas améliorés non plus", remarque Heather Long, économiste à la Navy Federal Credit Union.
L'inflation reste en effet quasiment deux fois plus élevée que les 2% visés par la Réserve fédérale américaine (Fed).
Et est "suffisamment solides pour maintenir à flot les partisans d'une politique monétaire restrictive au sein de la Fed", note Kevin Ford, de Convera.
Bien que les investisseurs continuent de privilégier l'hypothèse d'un nouveau statu quo de l'institution en septembre, ils sont désormais davantage à miser sur une hausse des taux directeurs américains lors de cette prochaine réunion, selon l'outil du Chicago Mercantile Exchange, FedWatch.
La semaine dernière, ils n'accordaient que 33% de probabilité à un resserrement monétaire.
Compte tenu de la hausse des prix appelée à rester élevée et de "prévisions relativement optimistes pour la croissance et le marché du travail, la question reste de savoir quand - et non si - les taux seront relevés", potentiellement dès décembre, estime Ariane Curtis, de Capital Economics.
Dans ce contexte, les cambistes attendent avec impatience la prise de parole vendredi de Kevin Warsh, président de la Fed, lors de la rencontre annuelle des banquiers centraux de Jackson Hole, dans le Wyoming.
"Ces dernières données lui laissent le temps d'attendre et de voir comment la situation évolue, mais il doit préciser davantage les éléments qu'il surveille de près et les conditions qui l'amèneraient à relever les taux", estime Heather Long.
"La géopolitique ajoute une couche supplémentaire d'incertitude", note Kevin Ford, poussant les cambistes à se tourner vers le dollar, considérée comme une valeur refuge.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a prévenu mercredi que les Etats-Unis n'obtiendraient "rien" avec leurs nouvelles pressions économiques contre la République islamique, après que Washington l'a menacée d'"asphyxie".