Le pétrole hésite entre le blocus au Venezuela et les discussions sur l'Ukraine

18/12/2025
AFP

Les cours du pétrole sont proches de l'équilibre jeudi, soutenus d'un côté par le blocus total des Etats-Unis contre les pétroliers sous sanctions du Venezuela, mais mis sous pression d'autre part par les négociations sur l'Ukraine.

Vers 11H00 GMT (12H05 à Paris) le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en février, cédait 0,03% à 59,66 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en janvier, grapillait 0,09% à 55,99 dollars.

Le pays d'Amérique du Sud "pourrait bientôt devoir commencer à fermer certains puits de pétrole, car ses capacités de stockage sont presque épuisées", affirment les analystes de DNB Carnegie.

"Les volumes effectivement menacés restent limités à l'échelle mondiale, ce qui explique pourquoi la réaction du pétrole demeure mesurée", précise John Plassard, analyste chez Cité Gestion Private Bank.

Si le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de brut au monde, devant l'Arabie saoudite et l'Iran, le pays d'Amérique du sud, avec une production d'environ un million de barils par jour, est loin de figurer parmi les principaux producteurs.

Toute tendance sur le marché reste néanmoins fragilisée par l'évolution des discussions sur une résolution de la guerre en Ukraine.

Le marché pétrolier est perçu en excédent d'offre, notamment à cause de l'importante hausse de production de l'Opep et de ses alliés cette année.

Et "en cas de cessez-le-feu (entre Kiev et Moscou, ndlr), les sanctions américaines contre les compagnies pétrolières russes seraient probablement levées assez rapidement", expliquait Jorge Leon, analyste de Rystad Energy dans une note mardi, ce qui faciliterait l'exportation de pétrole russe.

C'est pourquoi depuis la présentation par les Etats-Unis en novembre d'un projet de plan en 28 points pour résoudre la guerre entre Kiev et Moscou, les cours du brut ont nettement baissé.

Cependant, "les États-Unis préparent une nouvelle série de sanctions contre le secteur énergétique russe si le président Poutine rejette un accord de paix avec l'Ukraine", soulignent les analystes de DNB Carnegie, ce qui explique la prudence des investisseurs.

De nouveaux pourparlers entre l'Ukraine et les Etats-Unis auront lieu vendredi et samedi aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.