Le pétrole lesté par le départ de l'Angola de l'Opep et les craintes sur la demande

21/12/2023
AFP

Le pétrole creusait ses pertes jeudi après l'annonce de l'Angola de son retrait de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), les cours étant déjà plombés par les anticipations de certains investisseurs qui craignent de voir la demande en or noir sapée l'an prochain par une récession économique.

Vers 13H15 GMT (14H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février chutait de 1,59% à 78,43 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison le même mois perdait 1,68%, à 72,97 dollars.

Les pertes du pétrole se sont accélérées après que l'Angola a annoncé se retirer de l'Opep, sur fond de désaccord sur les quotas de production pétrolière, jugeant qu'il était temps de "se concentrer davantage" sur ses propres objectifs, a déclaré jeudi son ministre des Ressources naturelles.

Ce départ renforce l'idée que l'Opep et leurs dix alliés de l'Opep+ semblent avoir perdu de leur influence, entre dissensions internes, concurrence américaine et fébrilité face à l'urgence climatique.

L'Equateur était le dernier pays en date à avoir quitté l'Opep, officiellement le 1er janvier 2020.

Par ailleurs, le repli des prix qui se poursuit depuis plusieurs mois signale, selon certains analystes, la crainte d'une "récession mondiale" l'an prochain, indique Russ Mould, de AJ Bell, qui écraserait la demande en or noir.

A cet égard, les investisseurs patientaient avant la publication de plusieurs données économiques américaines jeudi, dont la dernière estimation de la croissance du PIB des Etats-Unis au troisième trimestre. Elle a été révisée en baisse à 4,9% en rythme annualisé.

La publication de l'indice PCE pour novembre aux Etats-Unis, baromètre de l'inflation particulièrement scruté par la Réserve fédérale américaine (Fed), est prévue vendredi.

La dernière baisse des cours du pétrole peut également être attribuée "à la production record d'hydrocarbures aux États-Unis, grâce principalement à une résurgence de la production de ses champs de schiste" dans plusieurs Etats, ajoutent les analystes de DNB.

Selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), durant la semaine achevée le 15 décembre, les stocks de brut ont gonflé de 2,9 millions de barils, alors que les analystes prévoyaient une baisse de quasiment autant.

Les stocks d'essence ont également progressé de 2,7 millions de barils, bien plus que l'augmentation de 1,35 million attendue.

Selon l'Energy Information Administration, la production pétrolière américaine a atteint le niveau record de 13,2 millions de barils par jour, dont neuf millions provenaient du schiste.

En début de séance, "l'escalade continue du risque géopolitique au Moyen-Orient" avait soutenu les prix du pétrole, notent les analystes de DNB.

Mercredi, le chef des rebelles yéménites, Abdel Malek al-Houthi, a en effet menacé de riposter en cas de frappe américaine contre le Yémen, après l'annonce par Washington de la formation en mer Rouge d'une coalition pour faire face aux attaques rebelles contre des navires.

La Grèce est le onzième pays à rejoindre cette force de protection maritime, aux côtés des Etats-Unis, de la France, du Royaume-Uni ou encore du Bahreïn.

Par ailleurs, les pays de la coalition qui plafonne les prix du pétrole russe, en représailles à son invasion de l'Ukraine, ont annoncé mercredi resserrer les règles de ce dispositif.

Le mécanisme de plafonnement du prix impose à la Russie de vendre son pétrole à 60 dollars le baril maximum aux membres de la coalition - Australie, Canada, Union européenne, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni et Etats-Unis.

Les assureurs et réassureurs ont ainsi interdiction de couvrir le transport maritime de pétrole russe, sauf s'il est vendu à un prix inférieur à celui du plafond.

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