Le pétrole porté par les restrictions sur les exportations des produits russes

22/09/2023
AFP

Le prix du pétrole grimpait vendredi, porté par l'annonce de restrictions des exportations russes d'essence et de gazole, malgré la perspective de futures hausses des taux directeurs américains.

Vers 12H20 GMT (14H20 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, prenait 0,88% à 94,18 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison le même mois, montait de 1,06% à 90,69 dollars.

En réponse à sa pénurie intérieure de carburant qui fait s'envoler les prix dans le pays, la Russie a introduit jeudi des restrictions aux exportations concernant l'essence et le gazole.

Vers 12H25 GMT (14H25 à Paris) vendredi, le contrat de référence du gazole européen, pour livraison en octobre, retombait un peu du pic atteint après l'annonce des restrictions russes, en repli de 1,39%, à 993 dollars la tonne, toujours proche de son plus haut niveau de l'année.

Cette décision avait "immédiatement fait passer les cours [du brut] en territoire positif", commente Tamas Varga, analyste de PVM Energy, d'autant que l'Arabie saoudite et la Russie prévoient de priver le marché de 1,3 million de barils par jour jusqu'à la fin de l'année.

La hausse des prix reste cependant modérée par plusieurs facteurs.

Bien que la Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé mercredi ne pas relever ses taux direceurs, la banque centrale américaine a indiqué qu'elle prévoyait de le faire plus tard cette année.

Une éventualité "destructive de la demande", car pénalisant la croissance, indique Han Tan, analyste à Exinity.

Un contexte de taux élevés est par ailleurs "associé à un sentiment d'aversion au risque", note Stephen Innes, de SPI AM.

Ce phénomène limite l'envolée des prix de l'or noir, actif considéré comme volatil, et dope a contrario le dollar, valeur refuge.

Le pétrole se négociant en dollar, l'appréciation du billet vert désavantage les acheteurs disposant de devises étrangères, qui voient leur pouvoir d'achat diminuer. A l'inverse, un dollar moins fort soutient traditionnellement la demande.