Le pétrole progresse face aux tensions persistantes au Moyen-Orient.

21/07/2026
AFP

Washington (awp/afp) - Les prix du pétrole ont terminé en hausse lundi, poussés par la poursuite des hostilités entre Washington et Téhéran, et ce malgré quelques signaux laissant espérer des négociations entre les deux pays.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, a progressé de 1,27% à 89,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en août, a gagné 0,90% à 83,23 dollars.

Les échanges de frappes se poursuivent entre les États-Unis et l'Iran, Téhéran ayant dit lundi faire face à une "guerre totale" avec Washington.

"Le détroit d'Ormuz est à nouveau bloqué (...), tandis que les États-Unis continuent d'imposer un blocus sur les ports iraniens", observe David Morrison, analyste pour Trade Nation.

Un ralentissement du trafic maritime dans cette zone clé pour le commerce des hydrocarbures réduit les exportations de pétrole, ce qui pousse les prix à la hausse.

En parallèle, les rebelles houthis pro-iraniens du Yémen menacent d'étendre le conflit, avec l'annonce d'un blocus maritime du voisin saoudien, qui pourrait perturber ses exportations pétrolières.

Si la guerre perdure, "les cours du Brent pourraient atteindre les 90 dollars, voire monter plus haut", estime Gregory Brew, analyste d'Eurasia Group.

Les prix du pétrole ont d'ores et déjà gagné plus de 16% depuis la semaine dernière.

"La situation pourrait devenir préoccupante", estime M. Morrison alors que "de nombreux pays ont fortement puisé dans leurs réserves stratégiques au cours des cinq derniers mois" pour atténuer les effets de la guerre.

Le gaz européen continue lui aussi de grimper, dépassant lundi en séance 60 dollars le mégawattheure, un niveau plus atteint depuis le début du conflit au Moyen-Orient en mars.

"Les stocks de gaz de l'UE sont remplis à moins de 54%, contre 64% l'an dernier et une moyenne sur cinq ans de 69%", ont relevé les analystes d'ING.

La production de gaz, notamment au Qatar, a été plus fortement touchée que celle de pétrole depuis le début de la guerre, faisant craindre des difficultés cet hiver en Europe.

Malgré les tensions, plusieurs opérateurs misent encore sur la poursuite des discussions, Téhéran ayant assuré lundi, par le biais du porte-parole de sa diplomatie, maintenir des échanges avec Washington via les pays médiateurs.

"L'appareil diplomatique a été actif ces derniers jours", a déclaré Esmaïl Baghaï, lors d'une conférence de presse à Téhéran.

Le dollar stagne face à l'intensification du conflit entre les États-Unis et l'Iran ; la livre sterling progresse légèrement.

Le dollar est resté globalement stable lundi, les investisseurs prudents guettant des signaux sur l'évolution de la guerre avec l'Iran, tandis que la livre sterling a légèrement progressé alors que les marchés se préparent à l'arrivée du nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham.

L'indice dollar, qui mesure la force du billet vert face à un panier de six devises, est resté quasi inchangé à 100,78.

Les Gardiens de la révolution iraniens ont déclaré lundi avoir frappé des installations militaires américaines à travers le Moyen-Orient après une nouvelle nuit de bombardements américains sur des villes iraniennes, dans un conflit qui a perturbé les approvisionnements énergétiques et alimenté les craintes d'inflation mondiale.

« Je pense que les marchés se sont quelque peu habitués à l'éventail des risques à intégrer et, à moins d'un événement surprise, nous ne verrons pas de pic de volatilité majeur lié au Moyen-Orient », a déclaré Nick Rees, responsable de la recherche macroéconomique chez Monex Europe.

« Cela maintiendra les marchés nerveux et prudents. Mais je pense que nous revenons à la situation, non pas d'avril, mais de mai, où la volatilité s'est essoufflée en raison d'un manque général de conviction sur la direction prochaine des échanges », a-t-il ajouté.

Les contrats à terme sur le pétrole Brent s'affichaient en légère hausse à 88,43 dollars le baril, après avoir franchi le seuil des 90 dollars plus tôt dans la journée.

LE CHOIX DU CHANCELIER DE L'ÉCHIQUIER SOUS SURVEILLANCE

L'euro est resté globalement stable à 1,1432 dollar, tandis que la livre sterling a progressé de 0,1 % à 1,3466 dollar alors qu'Andy Burnham succédait à Keir Starmer.

Les opérateurs sont particulièrement impatients de connaître le choix de M. Burnham pour le poste de ministre des Finances, compte tenu de la situation budgétaire délicate du Royaume-Uni. Les actifs britanniques ont été soutenus la semaine dernière par des informations selon lesquelles le poste reviendrait probablement à Shabana Mahmood, largement considérée comme centriste, plutôt qu'à un candidat plus ancré à gauche.

« Bien que nous n'excluions pas un nouveau renforcement de la livre pendant la période de grâce de M. Burnham, la situation budgétaire serrée du Royaume-Uni suggère qu'un nouveau cabinet devra recourir à des hausses d'impôts s'il veut mettre en œuvre ses projets d'amélioration dans des domaines tels que la protection sociale », a souligné Chris Turner, responsable des marchés mondiaux chez ING, dans une note.

Par ailleurs, le dollar américain a reculé de 0,14 % à 6,7688 contre le yuan chinois sur le marché offshore, après que la Chine a maintenu ses taux directeurs inchangés pour le 14e mois consécutif lundi, conformément aux attentes du marché.

Face au yen, le dollar américain est resté stable à 162,39 yens dans un marché peu liquide, le Japon célébrant le Jour de la Mer.

Les marchés continuent d'anticiper un statu quo sur les taux lors de la prochaine réunion de la Réserve fédérale (Fed) le 29 juillet. Les contrats à terme sur les fonds fédéraux intègrent une probabilité de 85,6 % pour un maintien des taux, contre 61,5 % il y a un mois, selon l'outil FedWatch du CME Group.

La présidente de la Fed de Cleveland, Beth Hammack, s'est jointe vendredi au nombre croissant de responsables politiques affirmant que les taux d'intérêt pourraient devoir augmenter pour contrer une inflation persistante. Cela laisse présager un débat animé lors de la prochaine réunion de la Fed et la possibilité de dissensions lors de la deuxième réunion sous la direction du président Kevin Warsh.