Le pétrole recule avec l'attente d'une offre excédentaire

04/09/2025
AFP

Les cours du pétrole cèdent encore du terrain jeudi, après avoir déjà nettement reculé mercredi, le marché, tourné sur la prochaine réunion de l'Opep+ dimanche, anticipant une offre abondante dans les prochains mois.

Vers 09H05 GMT (11H05 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, perdait 1,17% à 66,86 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en octobre, cèdait 1,09% à 63,22 dollars.

Alors que la plupart des investisseurs prévoyaient un statu quo lors de la réunion prévue dimanche de huit membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+), "des informations de marché ont révélé que l'alliance envisagerait d'augmenter sa production", explique John Plassard, analyste chez Cité Gestion Private Bank.

Ces rumeurs ont été démenties par le vice-Premier ministre russe et ancien ministre de l'Energie Alexander Novak qui a dit que le groupe n'avait pas de plan avant la réunion, selon des informations de l'agence officielle russe TASS.

Néanmoins, le marché attend déjà un surplus de production au quatrième trimestre, où la demande d'or noir est généralement plus faible que pendant la période estivale.

Et si le groupe introduit de nouveaux barils sur le marché, cela "confirmerait que l'Opep+ est désormais pleinement engagé dans une bataille pour les parts de marché, principalement contre les producteurs américains", affirme Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management.

Cette incertitude autour des quotas de l'Opep+ à court terme a "éclipsé totalement la géopolitique pour une fois", souligne l'analyste.

Donald Trump, qui s'entretiendra jeudi avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a fait savoir mercredi qu'il "se passerait quelque chose" si le président russe Vladimir Poutine ne répondait pas à ses attentes sur l'Ukraine.

Pour l'offre de pétrole, le risque est que les Etats-Unis cherchent à limiter les exportations de pétrole russe -avec des sanctions renforcées, d'autres droits de douane secondaires à l'image de ceux visant l'Inde, etc.- ou simplement que la guerre qui se poursuit entre Moscou et Kiev affecte le secteur pétrolier russe.

Mais pour l'instant "le marché ne croit pas que Trump va durcir considérablement les sanctions et n'y prête pas attention", estime Arne Lohmann Rasmussen.