Le pétrole se tasse après le bond surprise des stocks américains

12/10/2023
AFP

Les cours du pétrole ont terminé en ordre dispersé jeudi, lestés par une hausse surprise et massive des stocks de brut américains, qui fait craindre pour la demande d'or noir.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre, a grignoté 0,20%, pour clôturer à 86,00 dollars. Il a freiné en fin de séance, après avoir gagné jusqu'à plus de 2%.

Son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), avec échéance en novembre, a lui cédé 0,69%, à 82,91 dollars.

"L'augmentation importante des réserves (américaines) a été nettement supérieure à ce qu'attendait le marché", a commenté Andy Lipow, de Lipow Oil Associates, ce qui a fait pression sur les prix.

Ces stocks commerciaux de brut ont progressé de 10,2 millions de barils, la semaine dernière, alors que les analystes tablaient sur une contraction de 1,4 million, selon le consensus établi par l'agence Bloomberg.

L'afflux de brut dans les stocks américains tient, en partie, à la décélération des raffineries, dont le taux d'utilisation est descendu à 85,7%, au plus bas depuis janvier et en recul de 8 points de pourcentage en un mois.

C'est le signe, pour Andy Lipow, que les traditionnelles opérations de maintenance battent leur plein, avant le début de la saison froide, qui correspond ordinairement à un regain de demande de gazole et de mazout.

Parmi les autres éléments d'explication, outre la chute des exportations (-38% sur une semaine), l'analyste a cité la production américaine, qui a atteint, sur la période considérée, un record historique, à 13,2 millions de barils par jour.

C'est plus que les 13,1 millions de barils enregistrés lors de deux semaines distinctes en février et mars 2020, aux premiers jours de la pandémie de coronavirus.

Sous l'effet d'un décrochage de la demande, lié aux confinements, la production avait ensuite plongé, avant de remonter progressivement.

Encouragés par la remontée des cours, en août et septembre, les producteurs américains, en particulier pour le pétrole de schiste, ont encore accéléré, compensant partiellement les restrictions volontaires que se sont imposées Arabie saoudite et Russie.

L'essoufflement des cours, jeudi, a aussi été accentué, selon Edward Moya, d'Oanda, par la publication de l'indice des prix à la consommation CPI, qui est ressorti au-dessus des attentes en septembre, ravivant les craintes de voir les taux très élevés pour longtemps.

Les cours du brut sont désormais revenus au niveau où ils se trouvaient avant l'offensive surprise du mouvement islamiste palestinien Hamas, samedi.

Pour Andy Lipow, le marché a calmé ses craintes de voir la guerre s'étendre et perturber les approvisionnements d'or noir.

"La probabilité de voir fermer le détroit d'Ormuz", unique point de passage pour les exportations de plusieurs producteurs majeurs du Moyen-Orient, "semble très faible, estime l'analyste. "Et si Israël s'en prenait à l'Iran, ce serait plutôt à des sites militaires qu'à des installations pétrolières."

Les Etats-Unis ont indiqué ne pas disposer d'éléments montrant que l'Iran avait participé à la préparation de l'attaque du Hamas.