Pétrole : la guerre au Moyen-Orient emporte le Brent au-dessus de 100 dollars.
Washington (awp/afp) - Les frappes des Iraniens et Américains au Moyen-Orient ont fait passer le pétrole au-dessus de 100 dollars, un seuil psychologique qui n'avait plus été atteint depuis juillet et augure des surcoûts en pagaille.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, a bondi de 3,4% à 101,21 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en octobre, a augmenté à peine moins, de 3,25%, à 96,05 dollars.
"La remontée du cours du pétrole brut observée ces derniers jours reflète l'intensification des tensions au Moyen-Orient", a résumé auprès de l'AFP Andy Lipow, de Lipow Oil Associates.
"Le marché pétrolier semble considérer que la résolution du conflit est repoussée à plus tard et que la navigation restera restreinte dans le détroit d'Ormuz, ce qui prolongera la perturbation de l'approvisionnement", a-t-il ajouté.
Téhéran a affirmé avoir attaqué mercredi une dizaine de navires qui tentaient de franchir le détroit, en réponse aux frappes américaines contre des pétroliers iraniens la veille.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont par ailleurs dit avoir mené des attaques contre une base aérienne jordanienne utilisée par les forces américaines, pour "punir l'agresseur".
Ces développements sont de nature à alourdir les prix à la pompe et les coûts de production des entreprises, qui les répercutent généralement sur leurs clients.
Aux Etats-Unis, le gallon (3,78 litres) de diesel vole déjà de record en record. Il coûtait en moyenne mercredi 5,94 dollars contre environ 3,7 dollars fin février, avant le début du conflit, selon l'association automobile américaine.
En l'absence d'apaisement, Natasha Kaneva, analyste pour la banque américaine JPMorgan, pointe que des pays en dehors du Moyen-Orient augmentent leur production, en premier lieu le Brésil, le Venezuela, le Canada, les Etats-Unis ou encore le Guyana.
Ils "réagissent à la forte incitation que représentent les prix élevés pour maximiser le volume produit et leurs recettes", souligne-t-elle dans une note.
Mais cela n'est pas suffisant pour compenser l'entièreté des volumes perdus du Golfe, note Andy Lipow.
Par ailleurs, le gaz européen a brièvement dépassé les 80 euros le mégawattheure, une première depuis plus de trois ans et demi.
Le contrat à terme du TTF néerlandais, la référence du gaz pour l'Europe, grimpait de 4,62%, à 79,35 euros le mégawattheure vers 19H50 GMT.
Devises : l'euro progresse face au dollar américain.
FRANCFORT (dpa-AFX) - Le cours de l'euro a progressé mercredi. La monnaie unique européenne s'échangeait dans l'après-midi à 1,1647 dollar américain. Elle s'affichait ainsi en légère hausse par rapport aux premiers échanges. La Banque centrale européenne (BCE) a fixé le taux de référence à 1,1652 (mardi : 1,1614) dollar. Le dollar valait ainsi 0,8582 (0,8610) euro.
En Europe comme aux États-Unis, aucune donnée conjoncturelle majeure ne figurait à l'agenda de la journée. La suite de la semaine devrait s'avérer plus animée. La décision de la BCE sur les taux directeurs est attendue jeudi. Face aux pressions inflationnistes, le marché table majoritairement sur un relèvement des taux de 0,25 point de pourcentage.
'Lors de la réunion de la BCE, l'enjeu sera de savoir si le Conseil des gouverneurs signalera ou non de nouvelles hausses de taux après le relèvement attendu demain, car le marché entrevoit encore la possibilité d'un autre tour de vis d'ici la fin de l'année, voire au-delà', écrivent les experts de Commerzbank. Ces derniers s'attendent en revanche à la fin du cycle de hausse des taux. 'Si le marché doit revoir ses attentes à la baisse, l'euro devrait refluer.'
Vendredi suivront les données sur l'inflation aux États-Unis, qui devraient fournir des impulsions déterminantes pour la décision monétaire de la Réserve fédérale (Fed) la semaine prochaine. Le marché n'exclut pas une hausse des taux. Le conflit en Iran, en particulier, maintient les prix du pétrole à des niveaux élevés et alimente les craintes inflationnistes.
Par rapport aux autres grandes devises, la BCE a fixé les taux de référence pour un euro à 0,85898 (0,85740) livre sterling, 178,59 (179,20) yens japonais et 0,9404 (0,9425) franc suisse. L'once d'or (environ 31,1 grammes) s'échangeait à 4.420 dollars. Cela représentait environ 64 dollars de plus que la veille.