Russie: Poutine met la pression pour contenir la hausse des prix à la pompe

27/09/2023
AFP

Vladimir Poutine a exhorté mercredi son gouvernement à agir "plus rapidement" avec les compagnies pétrolières pour contenir la hausse des prix à la pompe, un problème qui touche de nombreuses régions, l'inflation continuant de grignoter le pouvoir d'achat des Russes.

Après plus d'un an et demi de sanctions internationales, l'économie russe reste confrontée à de nombreux problèmes, entre affaiblissement du rouble, pénuries de main d'oeuvre, fuite des cerveaux à l'étranger, chute importante des revenus liés à la vente des hydrocarbures et hausse des produits de consommation...

"Des mesures ont été prises, mais les prix augmentent", a déploré mercredi le président russe lors d'une réunion gouvernementale retransmise à la télévision. Avant d'ajouter: "Le consommateur ne s'intéresse pas à ce qui se passe dans d'autres secteurs de l'économie. Il a besoin de résultats".

En présence par visioconférence notamment du vice-Premier ministre en charge de l'Énergie Alexandre Novak, Vladimir Poutine a directement pointé du doigt les grands groupes pétroliers nationaux: "Les prix augmentent, les entreprises veulent maximiser leurs profits en exportant. Tout est clair", a-t-il fustigé.

"Je vous demande de réagir plus rapidement aux événements qui se déroulent", a-t-il réclamé à son gouvernement.

Face à lui par écrans interposés, Alexandre Novak a de son côté tenté de défendre son bilan.

Le 21 septembre, face à l'envolée des prix, le gouvernement avait introduit des restrictions "temporaires" aux exportations concernant l'essence et le gazole, sur fond de pénuries dans certaines régions.

Le prix de l'essence en Russie avait atteint un niveau record quelques jours plus tôt, tiré par une combinaison de l'affaiblissement du rouble, de la hausse des prix mondiaux du pétrole et des travaux de réparation dans les raffineries de pétrole limitant les approvisionnements.

"La situation des prix sur le marché intérieur se stabilise", a assuré mercredi M. Novak, allant à l'encontre des propos de Vladimir Poutine, annonçant également de nouvelles mesures "prochainement".

Conséquence directe des difficultés observées ces dernières semaines, des agriculteurs n'ont pas pu faire leurs récoltes en raison des pénuries de carburant nécessaire pour leurs engins, selon la presse locale russe.

L'augmentation des prix à la pompe fait craindre aux Russes une perte de leur pouvoir d'achat, déjà entamé par l'effet des sanctions, et surviient alors que la banque centrale russe a dit s'attendre mi-septembre à un ralentissement de la croissance dans le pays au deuxième semestre.