Sanctions: Loukoïl envisage de vendre sa raffinerie bulgare

05/12/2023
AFP

Le géant pétrolier russe Loukoïl a annoncé mardi réfléchir à la vente de sa raffinerie en Bulgarie, la plus grande des Balkans, dénonçant les mesures "discriminatoires" prises à son égard par le gouvernement pro-européen.

"Compte tenu des changements significatifs survenus dans l'environnement opérationnel du groupe, il a été décidé de revoir notre stratégie. Parmi les différentes options analysées, nous envisageons de nous séparer de nos actifs", a indiqué Loukoïl dans un communiqué.

La Bulgarie, pays historiquement proche de Moscou qui dépendait avant la guerre en Ukraine presque entièrement du gaz et du pétrole russe, cherche à s'affranchir de cette dépendance.

Le pays, membre de l'Union européenne et de l'Otan, bénéficie jusqu'à fin 2024 d'une exemption de l'embargo instauré par l'Union européenne sur le brut russe. Outre le pétrole nécessaire à la consommation bulgare, Loukoïl a le droit d'exporter des produits pétroliers vers l'Ukraine, et dans une moindre mesure vers l'Europe.

Cette dérogation va cependant prendre fin d'ici mars prochain, selon une récente proposition du Parlement qui doit être entérinée dans les semaines à venir.

Le gouvernement, qui a opéré il y a quelques mois un virage pro-européen, a par ailleurs imposé une taxe de 60% sur les profits du pétrolier russe.

Dans ce contexte, Loukoïl s'offusque "de l'adoption par les autorités bulgares de mesures discriminatoires et d'autres décisions politiques injustes et partiales".

Disant "ne pas faire l'objet de sanctions européennes", la société se plaint d'être victime d'une "tempête politique montée de toutes pièces qui nuit à ses activités".

Au cours des vingt dernières années, Loukoïl jouissait avec sa raffinerie située à Bourgas, sur la mer Noire, d'un quasi-monopole, forte d'un réseau composé de neuf dépôts pétroliers et 220 stations-service.

Déjà privée de gaz russe, la Bulgarie pourrait toutefois avoir du mal à s'approvisionner en brut quand prendra fin l'exemption, selon les experts qui évoquent l'absence d'infrastructures portuaires adéquates et l'engorgement du détroit du Bosphore.